"Et si les politiques étaient utiles aux populations... Au moins pour une fois;-)? Construire la démocratie" 

Derrière le MUR des engagements non tenus!

Mercredi 5 mars et des mois de porte à porte derrière nous: des maux, des situations, des bout de vies qui nous sont révélés... Avec toujours de la pudeur chez ceux qui nous accueillent, une retenue avant que de nous inviter à rentrer dans leur existence. Beaucoup se livrent, les femmes surtout qui nous racontent leur mal-vie. 

Municipales-2014-Tarbes-FDG-Liste-10

J'ai en tête cette dame septuagénaire qui nous fait rentrer dans son appartement cossu à quelques centaines de mètres du marché Brauhauban, fleuron de la modernité trémègienne. Sauf que malgré les apparences, elle n'a pas les moyens d'aller y remplir son panier, plutôt Leader ou Netto. Nous lançant d'abord sur un "jamais plus je ne voterai", elle n'en laisse pas moins sa porte ouverte, comme une brèche offerte pour pouvoir nous parler et nous dire ouvertement sa colère. Commerçante toute une vie, ex femme de militaire ayant seule élevée deux enfants qui sont sa fierté, elle se retrouve au 20 de chaque mois avec 6 euros pour vivre, une fois le loyer, les charges et sa mutuelle payés. Elle refuse toute assistance qu'elle assimile au déclassement à l horizon d une vie consacrée au travail. Elle a juste demandé un coup de pouce au Conseil Général pour ne pas accumuler les arriérés mais on lui a répondu qu'avec ses 900 euros par mois, elle était au dessus des barèmes; une assistante sociale se permettant même de lui suggérer de mieux gérer son argent et d'éviter les abus... 

 Avant hier soir c'est une jeune femme que je trouve sur un palier d'Henry 4. Le sourire, une jolie petite fille dans les bras mais la même colère et surtout une conscience aigue des inégalités. "Pas de crèche ou de manière fragmentée, sur des tranches horaires qui ne me laissent aucune opportunité pour trouver un travail. Je fais comment?" Elle me parle de la façon dont elle a été déboutée quand elle a demandé si elle pouvait être embauchée dans un CLAE, m'a fait part du sentiment qu'elle avait ressentie à cet instant: Pas le bon profil? Pas dans les petits papiers de la majorité? Elle me dit encore le sentiment d'injustice qui ne la quitte plus désormais; tout aussi forte son envie de 'bosser', s'occuper des jeunes enfants.

 A ces deux rencontres, je pourrai ajouter toutes celles qui témoignent d un désoeuvrement plus total encore: le sentiment d'abandon d'électeurs de gauche qui ne comprennent plus, n'en peuvent plus" Alors Hollande c'est la même chose que Sarkozy?" ou pire,  "De toute manière, vous êtes tous les mêmes, alors pourquoi se déplacer?" quand ce n'est pas la régression qui l'emporte, la faute aux autres ou bien à l'autre en particulier. Je n'épiloguerai pas ici mais c'est un fait: Même à Tarbes où il n'y aura pas de liste FN aux municipales, le racisme et la discrimination gagnent du terrain. La réponse n'est alors rien à voir avec la morale, elle est éminemment politique!!!

Politique et démocratie locale, parlons en justement! 

En 2012 on a eu la Président normal, en 2013 le choc de compétitivité, en 2014 nous aurons le pacte de responsabilité; en résumé depuis deux ans, on accumule les cadeaux aux patrons sans contre parties excepté le pouvoir d'achat des plus démunis qui lui avoisine avec le rien !!!! 

RAS pour les municipales? Si justement, parce que dans les 50 milliards de réduction supplémentaires sur les dépenses publiques, la plus grande partie va affecter directement les collectivités territoriales. 

Lundi 3 mars avait lieu devant le Conseil Général des Hautes Pyrénées, un rassemblement à l'initiative de RESF en riposte à la diminution drastique et sans discussion préalable de l'ASE ( Aide Sociale à l'Enfance) aux demandeurs d'asile. Ambiance... :-( C'est un exemple très concret de ce qui nous attend, et plus inacceptable quand la collectivité est dirigée par la gauche et préfère comme le gouvernement, économiser sur les plus faibles que tailler dans les privilèges des rentiers ou dans les wagons de haricots tarbais ( çà c'est une boutade...)

 

Question: Est-il dès lors illusoire de vouloir construire des politiques communales qui soutiennent les populations au lieu de les fragiliser un peu plus? Je crois au contraire que cela doit rester notre objectif premier, et c'est le sens de tout le travail que nous avons engagé avec @TarbesCitoyenne. 

 

Il en va de propositions concrètes évidemment, mais d'abord des leviers dont nous voulons nous munir pour les imposer. 

"Qu'est ce qui nous garantit que vous ferez mieux que les autres?" nous interpellent à deux minutes près, deux habitants de Corizande, le premier parce qu'il était de droite mais que pour lui Trémège avait enfreint le code d'éthique et de bonne conduite républicaine, la deuxième parce qu'elle a voté Hollande et se sent aujourd'hui salie. Très franchement, c'est bien la question, et dans le contexte de pressions exercées sur les villes et les agglomérations, il faudra bien plus que quelques intentions floues pour la règler... 

Le seul moyen d'y parvenir, c'est se doter la population de leviers d'interventions pour accélérer les choses. Beaucoup d'élus ont l'impression que donner plus de places aux associations, au mouvement social, à leurs administrés serait une sorte d'atteinte à leur dignité voire (ô les gros mots que voilà) à la démocratie représentative. Pour ceux là, le peuple aura le droit de voter tous les 6 ans et ensuite de fermer sa gueule question d'équilibres. Sauf que ce que ne voient ces mêmes élus, est que ce fossé qu'ils creusent entre eux et la population s'avère préjudiciable pour tous parce qu'immobilisant le débat public. Car là, où l'on ne donne pas au peuple le droit d'aller et le pouvoir de peser, d'autres le font à  sa place et souvent à des fins qui n'ont rien à voir avec l'intérêt général. 

Mettre des élus d'opposition au Conseil d'Administration de la SEMI aurait été pour Gérard Trémège le meilleur moyen de se défendre contre les soit disantes attaques qui lui sont portés. Transparence! Instaurer de véritables Conseil de quartier et pas une démocratie d'apparat basée sur la soumission et l'allégeance est aussi un garde fou formidable pour se protéger de toutes les dérives ...

 

Nous avançons la proposition d'une commission des suivis des engagements de campagne de la majorité. Pluraliste et avançant en toute indépendance avec les moyens adéquats. Elle travaillerait à un rapport annuel qu'elle viendrait présenter en Conseil Municipal dans l' objectif d'interpeller, de rappeler à l'ordre, bref de peser sur la gestion locale. C'est une proposition juste et pourtant je sais par avance que si demain, nous sommes élus, elle sera contraignante car nous aurons maille à partie avec cette commission. Mais quel formidable moteur démocratique pour des avancées locales..

 Nous voulons aussi gérer une partie du budget de la ville avec les tarbais eux mêmes. Il ne s'agit pas d'en faire des comptables ( surtout pas!!!) mais de les engager à réfléchir avec le Conseil Municipal à ce qui doit être prioritaire dans la construction du bien communal. Ce ne sont pas des mots abstraits. Dès 2014, on sait que le gouvernement procédera à de nouvelles coupes sombres dans les finances locales. Ce choix là, n'est pas le nôtre et nous l'affirmerons  par des prises de position du CM pour exiger de l'Etat ce qui nous est dû, comme la région Midi Pyrénées a su le faire sous la présidence Sarkozy. Mais cela ne suffira pas! Alors il nous faudra définir ce que seront nos priorités et à partir de là, décider des travaux structurants que nous entamerons. 

C' est là que les tarbais ont à être consultés et à donner leur avis à partir d'un diagnostic réel de la situation financière de la ville issu d'un audit des finances municipales. Un référendum d'initiative populaire n'est rien d'autre que cela. C'est  ainsi que nous déciderons si oui ou non repasser en régie communale de l'eau apporte un plue value ( ce que je pense personnellement) du point de vue qualité du service mais également du point financier. C'est également là que nous soumettrons la pertinence ou pas d'un palais des congrès à Tarbes ( sur ce sujet, moi même suis beaucoup plus réservée que sur l'eau, particulièrement en temps de crise). 

 

Souvent quand on avance ainsi l'idée de budget participatif nous est rétorqué que la population n'est pas prête dépourvue d'informations et d'outils pour aborder de tels débats. C'est pour une part vraie, construire la démocratie au quotidien ne se décrète pas. Reste que le meilleur moyen d'y parvenir, c'est de commencer et d'abord sur un sujet, puis deux, puis un premier budget... Ma conviction est qu'il n'y a rien de mieux que le respect et l'égalité des droits pour avancer dans cette direction.

 

Et les associations? Les acteurs de la vie économique, sociale et culturelle? Il s'agit d'abord les libérer de toute forme de clientélisme. Le propre du clientélisme, c'est de mener la politique de la carotte et du bâton. Tu es avec moi, alors c'est sourire et soutien financier et logistique. Tu es contre moi, alors c'est mise à l'écart, humiliation et galère au quotidien. Le pire dans le clientélisme c'est qu'il gangrène et paralyse tous les rapports sociaux, parce qu'à la culture du dialogue, du respect et de l'égalité, il substitue celle de l'argent et de la rentabilité. En tant qu'élue, j'ai été amené à côtoyer plusieurs formes de clientélisme, de gauche comme de droite; plus insidieux dans le premier cas, plus est autoritaire dans le second, il est à chaque fois inadmissible parce que basé sur la mise à l'écart voire la stigmatisation d'une partie de représentant-e-s légitimes de la cité. A @TarbesCitoyenne nous militons pour la liberté d'expression et d'engagements. Nous ne considérons le débat et la confrontation comme un mal, mais comme un moteur de vie. Demain élus nous entendons multiplier les instances de décision pour présider au développement de notre cité: Sur les questions de l'emploi avec la création d'un Conseil Economique Social, sur la solidarité avec la cogestion d'une ligne d'urgence avec l'ensemble des structures caritatives, sur la jeunesse, la culture, le sport, l'école avec les acteurs concernés... 

Certains ont voulu faire croire çà et là, que nous voulions attenter au pluralisme de la vie associative. C'est tout le contraire. Nous allons leur donner les moyens de vivre, en toute indépendance et dans le respect d'un charte éthique que nous construirons ensemble. On ne peut pas faire moins l'année du centenaire Jaurès que de stimuler tout ce qui participe de la socialisation, de la sociabilisation. Des jolis mots que ceux là: tout le contraire de l'assistanat, basés sur la justice, l'égalité, la citoyenneté

Alors que j'achève ces lignes, France 3 consacre une partie de son journal à la garde à vue aujourd'hui de la directrice de la SEMI. Nouveau coup de tonnerre dans la campagne municipale. La réponse de @TarbesCitoyenne est contenue dans ce qui précède: transparence, démocratie, souveraineté populaire... Encore.