J'étais ce jeudi 5 novembre aux côtés de Gérard Onesta à Narbonne où la CGT cheminots de la région MPLR préparait la future convention collective du rail et interpellait les têtes de liste aux régionales.

Etaient également présents Jean Luc Gibelin co chef de file PCF de la liste " Nouveau Monde en Commun",  Martine Perez conseillère régionale FdG Midi Pyrénées, Kevin Kijko et Mylène Visentini syndicalistes et candidats FdG.

Ci dessous l'essentiel de mes propos.


Ma premier remarque sera en réaction à l'intervention de Carole Delga tête de liste PS/PRG, et répondra en même temps à l'interpellation de la salle sur la capacité ou pas
de la future majorité régionale à peser dans le sens de la défense du service public du rail.
Oui cela est possible: signifie qu en décembre une majorité de gauche sorte des urnes mais pour mener une politique...  de gauche. Pas la politique  gouvernementale ni
européenne actuelle.
Il n en va pas que d un discours electoral, mais de faits. La loi NOTRE et la fusion des régions vise à réduire l espace public, mettre en concurrence les territoires et casser
les cadres actuels de résistance et citoyenneté. On est en train d infliger à notre région les mêmes remèdes libéraux que ceux préconisés pour le rail.

Demain on entend donc demander aux régions de fonctionner avec moins d aides d état ( gel des dotations), moins de marges de manoeuvre pour des politiques volontaristes et ciblées sur des besoins locaux ( perte de la clause de compétence generale) et aucun outil fiscal pour générer des moyens supplémentaires.

Comment donc pourrons nous, non seulement maintenir des politiques publiques offensives en matière de rail, mais les développer, si la future majorité régionale ne conteste pas ce choix d austérité gouvernementale et ne s appuie sur les mobilisations sociales et citoyennes pour impulser à notre échelle d autres dynamiques?

De fait, et c est ma deuxième remarque, oui, si l'on est sur défense et développement du service public du rail, il faudra construire une méthodologie soutenue par l'institution régionale pour que la nouvelle convention soit élaborée à partir des besoins locaux exprimés par les cheminots, leurs représentants mais également les syndicats, les associations d'usagers,  les populations même. C'est sur ce terrain là et dans un rapport de force que nous pourrons obtenir des avancées.

Troisième remarque, pour souligner encore que notre liste "Nouveau Monde en commun " est d'abord porteuse en terme d'exigence d un service public national du rail.
Le débat est venu dans la salle sur la Grande Vitesse et le besoin d une desserte métropolitaine qui réponde aux attentes d'échanges et de développement. Dans une dimension sociale et écologique.


Pour nous cette revendication est légitime, avec Toulouse et Montpellier. Mais elle ne peut être découplée  de l'ensemble de la problématique rail, doit être travaillée en complémentarité avec le TER le TET, les trains de nuit et dans un cadre de politiques publiques fortes où la SNCF l'État et l'Europe s engagent.
Le choix qui nous est imposé aujourd hui n est pas celui là. La Grande vitesse se construit sur le modèle de la compétitivité européenne, financée en PPP, au service d'une métropolisation qui fait abstraction du principe d égalité terriroriale, au détriment du train classique et au mépris des questionnements des populations et des exigences de developpement écologiste. Nous contestons cette orientation libérale.


Il en va de même sur les Intercités où nous soutenons les luttes contre les fermetures de lignes (je pense à Toulouse Hendaye), pour la défense de trains ( bien sûr par ex que le train jaune est d une importance première y compris dans sa symbolique), pour la réouverture de lignes de TER et également pour le statut des agents: la supression des
ASCT, les "contrôleurs" menacés comme cela a été dit, est bien sûr inacceptable.Un mot encore pour évoquer le fret qui reste l alternative première à la route. Mme Delga a parlé d un taxe sur les camions étrangers: je suis peu favorable au principe de pollueur payeur car les grandes entreprises sont prêtes à payer leurs droits à polluerdès lors que les profits s avérent plus juteux que les pénalités. Pourquoi ne pas plutôt réfléchir à une eco taxe ( camion et bus Macron) incitative au report modal et au financement ferroviaire public?


Quant à la tarification sociale du train, elle doit être une priorité. La mobilité positive est l un des principaux leviers dans la lutte contre l exclusion, la recherche d un emploi,
l'accès aux études. En Languedoc Roussillon a été instauré le train à 1 euro qui fait je le sais débat chez les cheminots, en Midi Pyrénées a été mis en place la gratuité des transports pour les chômeurs. Notre sentiment est qu il s agit d harmoniser par le haut ces mesures voire d ouvrir de nouveaux droits.  

Dernière réflexion succinte, celle d une haut pyrénéenne, pour demander que dans notre vision partagée du développement du rail dans notre grande région, nous intégrions son extrémité bigourdane  accolée au Béarn et dont les enjeux de desserte passe par une réflexion inter régionale avec l Aquitaine Poitou Charente Limousin, en tout cas Pau Dax Bayonne et Bordeaux.

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