FB_IMG_1447008900985

Le 19 novembre prochain le conseil communautaire mettra à son ordre du jour une délibération concernant la future intercommunalité. Le Grand Tarbes changera d’échelle de population puisque les chiffres de 70 communes et 127893 habitants est avancé.  Avec demain la perspective d’une agglomération avec Pau pour être encore plus compétitifs face à la métropole toulousaine?

On voit combien il est fait peu cas ici de la variante humaine et citoyenne

Raison de plus pour engager publiquement un grand débat sur ce "séisme " territorial et ses conséquences sur nos vies avant que de légiférer. Pour ma part je voterai CONTRE cette délibération et je voudrais m’en expliquer.

 

- Il en va d’abord d’une question de démocratie et cette dimension est tout sauf formelle, car essentielle pour toute vie locale. 

Le 16 octobre dernier la presse locale faisait déjà état de l’accord du Grand Tarbes pour mettre en place une nouvelle agglomération tarbaise incluant les communautés de communes de Lourdes et Ossun, peut être d autres au Nord de Tarbes. La photo qui accompagnait l’article me laissais perplexe car j y reconnaissais des maires et un élu d’opposition tarbaise, tous membres de la majorité du Grand Tarbes.

 

Cette propension à affirmer une position publiquement, sans aucune légitimité ni mandat pour cela, m'a scandalisée mais j’ai reconnu dans cet excès de zèle et d’autorité, une fébrilité politique s’expliquant par la résistance des Conseils Municipaux de notre agglomération à accepter cette décision contestée à la base. 

 

 

- Le contenu de la délibération renvoie quant à lui, à l application stricte de la loi NOTRE. Le PCF comme le Front de Gauche se sont prononcés contre. Ils l’ont dit, et exprimé par leur vote au parlement. 

Il en va de même dans sa transcription locale qui va conduire à la concentration accrue de communes et  inter communalités dans le seul but de rationaliser la dépense publique et éloigner les élus locaux des centres de décisions en les transformant en lobbyistes et chercheurs de subventions; en les dépossédant d’une fiscalité adaptée pour avoir les moyens de mener des politiques volontaires.

Cette logique a durant la dernière décennie déjà conduit à la casse du service public de la Poste, à réduire drastiquement le nombre de classes et d’écoles de villages et de quartiers, à asphyxier les RASED, à en finir avec les hôpitaux de proximité en nous expliquant qu’on soignera mieux avec des lits et des personnels en moins, à dénaturer l’agriculture paysanne.

Demain ce sont les missions de la petite enfance et de l’aide sociale qui seront retirés aux communes, la culture qui sera régie selon le critère de sa capacité à rapporter de l’argent. Avec pour horizon, des déserts!!! 

 

- Je ne partage pas enfin la manière dont le Grand Tarbes a décidé d aborder cette question politique de fond.

Nous savons qu'au premier semestre 2016 la loi sera appliquée, et que la représentante dans notre département de l'autorité de l’État veillera aux grains en imposant le nouveau cadre d ntercommunalité défini par la puissance administrative: sortez les calculettes, définissez les ratios et roule ma poule!! 

Et après? Quelle cohérence à l’édifice? Quels liens avec les populations et leurs besoins?

Je me souviens que face à la décentralisation imposée par l’ex Premier Ministre Jean Pierre Raffarin en 2005, les mêmes qui baissent les bras face à la nouvelle organisation territoriale parce qu'écrite et votée par leurs collègues parlementaires PS ou PRG, montaient à l'époque aux arbres et en appelaient pour certains à la désobéissance civique, et pour d'autres à jouer la montre et préparer avec les citoyens une réforme dont il savait d avance qu’elle serait anti sociale et anti démocratique.

Ces femmes et hommes sont-ils aujourd’hui devenus sourds aveugles et amnésiques?

Et s’ils ont peur de fronder ou d’entrer en résistance aujourd’hui face aux leurs, qu’au moins ils ne se sentent pas obligés d’être les bons élèves de la classe, et de précéder l’appel servilement!!!!

 

Je défends l’idée de se donner le temps de repartir du terrain de la vie: d associer à la construction de cette nouvelle agglomération l’ensemble des conseillers municipaux, personnels communaux, des interco, des syndicats mixtes, des associations de proximité, des syndicats comme des acteurs économiques sociaux culturels, les populations elles mêmes en bout de processus: avec pourquoi pas, l’organisation d’un référendum d’initiative populaire?

 Cela permettrait une réflexion collective transparente et publique intégrant:

- Les enjeux inhérents au développement intercommunal en matière de désenclavement ( transports, formation...), de devenir de l’économie locale face à la métropole toulousaine et le nouveau format régional, de celui des solidarités, des rapports sociaux et notre identité culturelle...

- L’urgence de partir des besoins locaux réels et pas des seuls paramètres financiers dont on vient de voir avec Mg Call comme ils peuvent rapidement devenir des miroirs aux alouettes et des machines à plumer...

- La nécessité de définir en commun les bases de souveraineté sur le futur territoire: préserver le rôle de l’élu de proximité et des communes, définir des lieux de cogestion citoyenne;  affirmer des exigences sur le maintien et développement de services publics; faire émerger de nouveaux besoins sociaux et culturels et des activités correspondantes ( ESS, circuits courts, services à la personne, espaces de mutualisation...)

Bref, il s agira de discuter et sceller démocratiquement le périmètre dont on se dote pour agir, et pas qu’il nous soit imposé par les contingences économiques et technocratiques du moment.

Mes allers retours quotidiens dans la future région Midi Pyrénées Languedoc Roussillon me font découvrir jour après jour, département après département, combien ce que le Président Hollande a appelé "le choc de simplification" est en train de devenir une réalité monstrueuse amenant dans les faits à désolidariser les territoires, déraciner un peu plus les femmes et hommes qui y vivent, les privant de ce droit de sol et ces solidarités qui sont le seul antidote à la haine sociale et conduisant de manière continue à renforcer l’influence du FN et grandir la régression. 

 

J’aimerais que quand nous réfléchissions à la nouvelle agglomération tarbaise, nous gardions cela en tête avant que de procéder à une vente à la découpe de notre terre sans autre objectif que préserver son petit bout de gras et de pouvoir...