Marie-Pierre Vieu

23 janvier 2017

Réaction au 1re tour de la primaire du PS

primairepsJe n'ai pas voté à la primaire PS car mon parti, le PCF, a déjà un candidat, Jean Luc Mélenchon, et que je pense qu’Hollande et le quinquennat ont invalidé le PS comme socle de la reconstruction de la gauche.

Cependant je ne fais pas partie de ceux qui tentent de délégitimer à tout prix le scrutin de ce dimanche 22 janvier et faire comme si rien ne s'était passé. Il suffit de voir le défilé des experts et cassandres du compromis social se succéder sur les plateaux télé et sur les ondes pour s'en convaincre! L'utopie et le changement, même à dose homéopathique seraient désormais désuets et hors propos. Je crois qu’ils sont au contraire le fondement de la gauche.

Ce dimanche des dizaines de milliers d'hommes et femmes, socialistes et de gauche, ont voulu exprimer leur désir d'en finir avec ces politiques libérales et sécuritaires qui ces cinq dernières années ont fragmenté et divisé le camp du progrès social, de l’écologie et des libertés. Ces femmes et ces hommes, je partage leurs exigences et convictions et à moins d'être aveugle sourd autiste et inconséquent, je sais que c'est avec eux AUSSI que nous avons à poursuivre le chemin du combat émancipateur.
Le PCF travaille à  la convergence de toutes les forces pour l'alternative;  pour que les hommes et femmes issus des luttes sociales, citoyennes, culturelles, écologiques, socialistes, communistes, libertaires ou insoumis se retrouvent. La radicalité ne signifie pas dresser des murs entre nous et les autres, faire la démonstration par l'exclusion, mais débattre, avancer sur le fond, convaincre et savoir se retrouver sans hégémonie sur le plus grand dénominateur.

Il y a 2017 et il y aura l'après 2017 avec des questions aussi urgentes à porter que la refondation européenne, la paix, la souveraineté populaire, le climat, la défense du principe de solidarité et de redistribution sociale, la liberté de circulation, une laïcité non discriminante, et un espoir à reconstruire. Soyons à la hauteur!

Posté par mpvieu à 11:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

21 novembre 2016

Le choix de la dynamique populaire

mpvA la fin de la semaine, les communistes vont avoir à se prononcer entre deux options de candidatures pour la Présidentielle.
Dans les échanges que nous avons ces dernières semaines, chacun -e compte pour un-e. Les premiers responsables comme les autres. Chacun est également garant de l’unité de notre Parti. Je pense très personnellement que préserver cette unité n’implique pas de lisser notre débat, de tenter de faire comme s’il était simple et n’avait pas de conséquence pour le Parti : Dans notre cohésion organisationnelle, dans notre force militante, dans notre représentation nationale.
La direction du PCF comme les communistes ne sont pas unanimes. Mais cela ne deviendra un problème que si elle refuse de mener notre échange jusqu’à son terme, dans la contradiction des arguments politiques posés, dans la transparence et dans le respect des prises de position. Pour ma part, comme je l’ai fait à la conférence nationale, je voterai pour l’option 1 de soutien à Jean Luc Mélenchon.
Elle m’apparaît en l’état du rapport de force politique et social, la seule en situation de favoriser une dynamique populaire. Encore plus en cette soirée de 1er tour des primaires LR qui commencent à nous faire entrevoir la nouvelle étape de rupture politique et sociale dans laquelle nous sommes entrés.
Affirmant cela, j’ai conscience que ce constat fait débat, dans les rangs communistes comme dans ceux de la gauche d’alternative.
Plus sur la démarche de campagne du leader de la France Insoumise que sur la majorité des propositions avancées. Certes j’ai connaissance via les réseaux sociaux de nombreux arguments démontrant l’incompatibilité de nos programmes. Cela signifierait alors que l’ensemble des batailles électorales menées jusqu’aux régionales de 2015 et aux législatives partielles de cette année seraient caduques ? Allons donc.. Si je m’en réfère à ma propre expérience,  nous trouverons des réponses communes à cette question dès lors que acterons un même souci de répondre aux urgences sociales dans la diversité de ce que nous sommes.
Ce qui me trouble comme cela heurte nombre de mes camarades est plutôt la manière qu’a Jean Luc Mélenchon de passer outres tout cadre de débat concerté, et de se nourrir de la fragmentation de son propre camp faisant table rase de l’existant : le FdG, la gauche, les partis, la politique, l’establishment, les oligarchies, tous désignés comme responsables de la crise politique et sociale dans laquelle nous sommes .
« Je vote et ils dégagent » La formule est explicite et je n’y souscris pas. Alimenter l’anti système sans autre perspective que la dégénérescence du système rajoute de la haine à la haine et rien d’autre. Cela fera d’abord le lit d’une droite ultra régressive et du FN comme le Brexit a fait le lit des ultra conservateurs anglais et les présidentielles américaines celui d’un milliardaire fasciste. Pour moi le populisme par sa nature ne fait pas toujours bon ménage avec la démocratie, l’échange, la construction partagée. Je doute du fait qu’il puisse ouvrir une voie à gauche.
J’ai profondément aimé la campagne FdG 2012 et le candidat Mélenchon quand il faisait assaut d’éducation populaire, n’hésitant pas par 5 degrés et sous la pluie à nous raconter comment s’est constituée l’unité de la France de Philippe Le Bel à aujourd’hui, ce que ce mouvement constitue d’Universel ; quand il faisait rêver d’un autre Monde ! Je n’aime pas Jean Luc Mélenchon quand maintenant il surfe sur les notions de Patriotisme et de Nationalisme, qu’il s’acharne publiquement sur des journalistes quoiqu’ils écrivent par ailleurs. Pour moi c’est en préservant le lien au mouvement ouvrier, à la lutte des classes, à la gauche et l’ensemble de ses combats que nous regagnerons un leadership !
Mais en dépit de cela je pense qu’il est aujourd’hui la meilleure candidature pour porter l’espoir à gauche à la Présidentielle de 2017 !
- Parce que Jean Luc Mélenchon est le seul candidat déclaré ouvertement anti austéritaire et crédité de plus de 10 % dans les sondages ; que son influence et sa « repérabilité » sont également le résultat de ce que les communistes ont fait grandir avec le FdG.
- Parce que cette candidature est la seule stable dans une gauche qui continue à se diviser.
- Parce que l’ écologiste, Yannick Jadot, assume lui-même être une candidature de témoignage dont l’unique objectif est d’ancrer la dimension écologiste dans l’après présidentielles.
- Parce que quelque soit la candidature issue de la primaire socialiste ( si elle se tient), elle sera la candidature du PS ; elle devra assumer le quinquennat Hollande et en portera l’indignité.
- Parce que la candidature Macron au lieu de libérer le débat des socialistes va constituer un argument pour imposer une mise au pas des militants et une unité factice du Parti qui risque de museler sa frange la plus progressiste.
- Parce que nous ne sommes plus en janvier 2016, ni au printemps, ni même à la rentrée septembre, que le débat politique et social a bougé et que s’il va continuer à bouger, les grandes lignes sont aujourd’hui installées. Il serait un leurre de croire (ou de vouloir croire parce que la situation existante nous frustre) qu’une nouvelle candidature pourrait demain émerger.
- Parce qu’il est dès lors important que les communistes entrent maintenant en campagne pour faire grandir le mouvement populaire, qu’ils utilisent la seule candidature désormais possible pour cela : celle de Jean Luc Mélenchon.
Il a le soutien d’une grande partie des forces qui ont fait vivre le FdG, Ensemble vient de s’y rajouter ce dimanche 19 novembre. Pour beaucoup de « déçus » du Hollandisme il apparaît déjà comme le candidat crédible à gauche. Pour une immense majorité du peuple de gauche qui n’a ni notre lecture politique, ni notre ressenti militant, il est la candidature naturelle à gauche de par sa campagne de 2012. Et cela risque fort de se renforcer.
Je crois avoir été suffisamment claire : je ne considère pas un soutien du PCF à la candidature JLM comme un ralliement à sa démarche. Notre parti aura sa propre expression et défendra cette candidature avec les positions et arguments qui sont les nôtres. Mais disant cela je suis aussi favorable à ne pas occulter nos points communs car si les communistes font ce choix, ils nous faudra faire une campagne offensive, confiants dans notre capacité à prendre toute notre place dans un cadre dont nous définirons les modalités ensemble et avec toutes celles et ceux qui voudront y participer.
En parallèle nous continuerons à travailler les passerelles pour que se poursuive le débat à gauche car la vie ne s’arrête à la Présidentielle. Il y a bien sûr le travail de convergences à poursuivre pour les législatives et l’après 2017. C’est pourquoi je considère l’espace unitaire créé avec l’appel des 100 de première importance.
Une candidature PCF même portée par une volonté de rassemblement apparaîtra pour une candidature de division.
Elle sera au mieux une candidature pour rien, au pire une candidature de trop. Le PCF risque fort d’être sanctionné pour çà.
S’il ne s’agissait que d’une sanction électorale, cela ne m’inquiéterait pas outre mesure : il est parfois important de se compter, prendre date pour à défaut du présent, préparer l’avenir. Mais ici la défaite électorale prévisible aux Présidentielles aura des conséquences pour les législatives et se doublera d’une défaite politique impactant directement notre capacité à peser comme la force que nous sommes dans la refondation de la gauche qui suivra les élections de 2017. Alors que depuis des années nous avons été un des moteurs dans la convergence et la mise en mouvement des forces pour la transformation, alors que nous avons été une des piliers dans la construction du FdG, alors qu’aujourd’hui encore nous ne cessons d’être le lien entre tous les défenseurs d’une gauche anti austéritaire et écologiste, nous donnerions à ces femmes et hommes qui nous soutiennent dans cette démarche un signal de repli qu’ils ne comprendraient pas.
Un parti n’existe pas d’abord pour ce qu’il est, mais pour les gestes qu’il produit et les initiatives qu’il prend. La force des communistes a toujours été de se mettre au service des plus faibles. Je ne pense pas qu’il y ait un choix vraiment satisfaisant pour le PCF dans les deux options qui nous sont proposées. Mais je crois qu’il y en a un qui participe de l’intérêt immédiat du développement populaire et citoyen.

Posté par mpvieu à 10:18 - - Commentaires [30] - Permalien [#]

Retour en vidéo sur la rencontre nationale de l'appel des 100 du 12 novembre à Montreuil

Présentation de l'Appel des 100 par Marie-Pierre Vieu

Appel des 100 :Rapport des ateliers

APPEL DES 100 : Synthèse des travaux de la Convention

appeldes100montreuil

Posté par mpvieu à 09:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

11 avril 2016

Gauche 2017: Si on arrêtait de marcher sur la tête, et qu’on trouvait le chemin d'une vraie unité ?

Pourquoi-Nuit-debout-devient-un-mouvement-europeen

J’ai soutenu la perspective d’une primaire de gauche. Avec des réserves certes, quant à la possible dérive présidentialiste. Mais cette perspective de primaires m'est apparue comme un moyen de s'offrir une bouffée d'oxygène: de freiner l'atomisation de la gauche qui a soldé l’année 2015, et de remettre en mouvement des forces dont le rassemblement sera déterminant face à la progression du FN, son gain d’implantations et de positions locales, comme face à celui d'une droite extrémisée. Cette primaire m'a semblé une possibilité d'occuper le terrain du débat politique, de lutter contre le repli sur soi et une radicalisation stérile qui sont autant d’impasses face à la dureté de la situation.

Les élections régionales de décembre dernier et la démarche de rassemblement que nous avons initiée en Midi Pyrénées Languedoc Roussillon, avec l’ensemble des forces du FdG, d'EELV, des occitanistes, d’ex-socialistes, des collectifs locaux de citoyens, au travers de la liste "Un nouveau monde en commun" ont constitué pour moi une expérience ressource. Même avec les difficultés qu’elle n’a pas manqué de générer. Ce rassemblement a su porter un discours ouvert sur le monde, faisant sien la lutte pour les droits sociaux et humains, un mode de développement écologique. Ce parti pris fondé sur une unité citoyenne et politique a constitué un îlot de résistance face à la vague régressive et sécuritaire de l'après 13 novembre. Il a permis la victoire sur une extrême droite galvanisée par son score de premier tour, puis la constitution d'une majorité régionale de gauche de nouveau type, dont je regarde avec intérêt la mise en oeuvre des premières décisions.

Pour 2017, je me suis fixée comme hypothèse de départ le fait de pas être en deçà de cette expérience, en terme d’ambition de rassemblement, comme d’exigences. L’opposition résolue des communistes comme de l’ensemble des forces du Front de gauche aux choix du gouvernement Valls n’a pas suffi à nous installer en situation de leadership. Mais elle a rehaussé l’urgence pour nous de porter une ambition majoritaire pour la gauche. Pas seulement en matière de stratégie électorale, mais dans la recherche de convergences pour rendre incontournables dans l'opinion publique des idées et des projets, nous intimant de produire les bons gestes et comportements pour faire du commun.

Il n'est pas de raccourci possible dans la construction populaire et citoyenne, car il n y a pas de raccourci possible avec les questions de démocratie et d'unité politique et sociale, toutes deux indispensables à l émergence de toute dynamique de transformation. 

C’est pourquoi d’ailleurs la mise en campagne de Jean Luc Mélenchon ne me convient pas. Je ne partage pas sa démarche d'une candidature faisant sciemment l'impasse sur ces deux questions en même temps que sur celle plus globale de la gauche. Je vis cet impasse comme un reniement de tout ce que nous avons essayé de construire avec le Front de Gauche.

 

Aujourd’hui où en sommes nous du débat dans le pays?

Actons au moins deux points positifs.

La forte mobilisation contre la loi El Khomri d'abord, car elle remet en selle la question du travail au moment même où le pouvoir entendait installer le débat public dans l'inflation sécuritaire. Elle restaure la question syndicale, donne un statut social à la jeunesse posant l’urgence de son devenir immédiat dans une France qui a banalisé sa mal vie et sa précarité. En quelques semaines et manifestations la solidarité fait son retour tout comme une série de revendications que le pouvoir s’était pourtant échiné à tenter de rendre caduques. S’il est des obsolescences, elles se situent désormais à Bercy, Matignon, l'Elysée et une série d'avenues et rues auréolées de Ministeres nous administrant quotidiennement leur dose de régression. Disant cela, je suis très consciente des difficultés posées au mouvement à commencer par sa difficulté à trouver un débouché politique. Mais considérons que ce mouvement s’invite au bon moment pour rappeler l'importance de la question sociale dans la définition de toute perspective.

Il en va de même avec ces "nuits debout" qui sont en train d'essaimer dans tout le pays. Je ne chercherai pas à faire entrer ce mouvement naissant dans un quelconque schéma de pensée ou cadre structuré. Il se définit bien lui même: il est citoyen. Revigorant aussi, car quel plus beau symbole que l'occupation d une place publique pour mener et continuer le débat? Aujourd'hui surtout,où l'État d’urgence qui nous est imposé se propose de le suspendre comme vient de nous rappeler François Fillon son ouverture d’esprit ! "Et si en d autres termes, la gauche sociale faisait l impasse sur cette élection bonapartiste ( la Présidentielle de 2017) qu’elle n’a aucune chance de gagner ? Et si elle ignorait ce leurre démocratique pour travailler à la rénovation de ses idées et revoir sa manière de faire de la politique ? C est ici que Nuit debout peut aider à une recomposition aussi nécessaire qu ‘névitable." écrit le politologue Philippe Marlière. Ce constat que l'on peut trouver féroce, je ne suis pas loin de le partager tant il corrobore une réalité: celle d’un enlisement démocratique et d’une panne qui en l'état, ne trouve pas de remède. Sauf à une automédication, qui de l'austérité aux Panama Papers, se pratique hors champs institutionnels quand ce n'est pas contre. 

Raison de plus, pour doter d'une boussole et d'une vraie colonne vertébrale notre ambition politique.

 

Trouver le chemin d une vraie unité

Peu habituée à corroborer les propos de Daniel Cohn Bendit, comme lui je pense pourtant que "Le climat politico-culturel rend infaisable" 'une primaire des gauches et des écologistes. Je ne la crois pas non plus souhaitable.

Il n’en va ni de la seule personne d Hollande, ni du fait qu’il existerait deux gauches irréconciliables, ni même d un excès de "conservatisme" militant, mais juste de la nécessité d’intégrer dans notre logiciel, le fait qu’on ne peut décemment construire un processus commun de refondation de la gauche, avec les premiers responsables de sa division et de l'état d’urgence social et intellectuel de notre pays. Confèrent Elkhomri, la déchéance les migrants, les violences policières, la répression syndicale, le pacte de compétitivité et les saccages humains qui en résultent.

J' ai lu sur le site du Journal Du Dimanche, l'appel co-signé par deux de mes camarades, des responsables d’EELV, de Nouvelle Donne, des frondeurs du PS pour engager des primaires d’idées. J'ai également pris acte de la position des verts réunis en Conseil fédéral et déclarant, "nous ne pourrons pas soutenir un candidat qui représente les idées que nous combattons". J’ai vu l'unanimité forcée du Conseil national du PS quant à l’organisation d' "une primaire citoyenne sans préalable et sans préjugé, rassemblant toutes les gauches". J’ai lu la tribune dans Le Monde du parlementaire frondeur Christian Paul où déclare-t- il "Oser les primaires à gauche c’est poser la première pierre de la prochaine gauche" appelant chacun "à prendre ses responsabilités et ne pas se défiler"

Tout cela à l'arrivée est bien confus et souvent dissonant. Il n'est rien de pire que les non dits ou les mal dit, pour alimenter toutes les spéculations et générer l'inertie au moment même où il est besoin de mettre toutes nos forces militantes en mouvement.

Il est urgent d'entrer dans une discussion de fond, à partir de là de bâtir l'unité la plus large. Pour moi:

- Nous ne pouvons pas nous contenter de la situation actuelle à gauche: ses trois candidatures déclarées (Artaud, Poutou et Mélenchon), un pouvoir occupé par sa seule survivance et prêt en finir avec son camp historique pour y parvenir, une majorité de militants désoeuvrés et un débat public s'auto-alimentant sur le seul mode de postures.

- Il nous faut prendre le parti pris d’un processus de refondation de la gauche, dont 2017 soit la première étape de construction. Une étape qui pose des jalons pour la suite.

- Ce processus de construction citoyenne et politique ne peut s' inscrire dans la continuité, mais doit explicitement se définir en rupture avec la politique menée ces 5 dernières années. Cela nous conduira sinon, à justifier la recomposition libérale en cours. A la défaite électorale que nous essuierons à coup sûr avec un tel scénario, s’ajoutera la défaite politique de ceux qui ont hypothéqué la possible renaissance d’un espoir partagé.

- Il nous appartient sur ces bases de nous mettre au service d'un débat populaire visant au rassemblement le plus large, de citoyens, acteurs sociaux militants de gauche et écologistes, forces politiques sociales et citoyennes partageant dans ces objectifs.

Il s' agira dans ce débat, d' établir une plate forme commune, dressant l'inventaire  du dernier quinquennat et sachant revenir et défaire les lois et les orientations néfastes. Pour ne citer par ex que la loi travail, le pacte de compétitivité ou la réorganisation territoriale...

 Nous devrons plus largement travailler à des propositions pour construire des politiques répondant aux exigences de la société. Je pense à l’urgence de sortir l horizon européen de la seule logique de marchés financiers, au traitement de la dette et à la construction d'une fiscalité juste, à la sécurisation des parcours professionnels et de vie, à l'émergence d'une République citoyenne, à la priorité assumée d'un mode de développement social et écologique, au respect et à l égalité des droits...

C'est sur ces bases qu'une candidature commune, respectueuse de tous et fédérant les énergies sera désignée. Démocratiquement.

Je ne crois pas que les discussions menées ces derniers mois ont été vaines. Le débat a évolué à gauche. Il est besoin de temps pour créer les conditions d'un rassemblement. Nous ne sommes pas au bout de cet effort là d’ailleurs, et des nécessaires convergences à gauche. Mais il est aussi besoin aujourd'hui de se fixer une direction claire; de repartir de ce qui s'exprime aujourd’hui, du potentiel transformateur des mobilisations pour oeuvrer à la reconstruction d un vrai processus citoyen et transformateur.

J’attends du PCF qu’il s’y engage avec toute sa détermination et  son savoir faire.

 

Posté par mpvieu à 18:47 - - Commentaires [9] - Permalien [#]

04 avril 2016

Une conscience en état de veille

Au bord du gouffre, un livre de Claude Mazauric (éd. Arcane 17)

Le titre pourrait nous renvoyer à la crise économique, à défaut à une faillite financière. Mais l'abysse auquel il est ici fait mention, est bien plus profond.

Dans Prendre dates. Paris, 6 janvier-14 janvier 2015 édité chez Verdier, l'historien Patrick Boucheron et l'écrivain Mathieu Riboulet décidaient de prendre leur part à l'histoire dans la foulée des attentats de Charlie et de l'hyper casher. À chaud et même s'ils sont « .. peu enclins par nature à parler d'actualité. » comme le rappellent les premières lignes de la quatrième de couverture.

Je venais à peine de finir la lecture de cet essai et en étais encore remuée, lorsque j'ai reçu un mail de Claude Mazauric présentant à Arcane 17 son projet de livre. Nous étions fin-décembre 2015.

Ce mois avait été pour moi celui du reflux. Les attentats du 13 novembre avaient réactivé cette impression de chaos qui m'avait déjà saisie en janvier. Les résultats de l'extrême droite aux régionales, cette vague brune venant s'échoir et pénétrant jusque dans nos familles exacerbaient mes peurs. J'avais laissé la lassitude m'envahir, et je redoutais que dans nos propres rangs militants, reviennent les temps du repli et de la culture de l'entre soi, comme si ceux-ci avaient eu le pouvoir de nous délivrer de notre incapacité collective à nous ouvrir un horizon commun. J'avais toutes les peines du monde à me départir de l'idée d'un enfoncement inéluctable vers la pire régression, la fatigue se conjuguant à l'absence immédiate de perspective.

au bord du gouffreCe manuscrit qui nous étaient soumis à publication m'a alors permis de m'extirper du seul ressenti pour ré entrer dans le domaine de la réflexion, de l'analyse critique. Car, si l'auteur est acteur de l'actualité du monde, il sait également porter un regard distancié sur celui-ci, assumant une fonction multiple d'historien, philosophe, homme politique et d'érudition, lecteur assidu et passionné, citoyen...

J'y ai vu une sorte de continuité avec le livre Riboulet/Boucheron. En même temps ce carnet de bord constituait la meilleure réponse au Premier ministre évoquant la culture de l'excuse pour qui choisissait de continuer à penser et comprendre, quand il aurait préféré que nous endossions tous un treillis et acceptions sans broncher sa logique de guerre. "Non Mr Valls un esprit ouvert n'est pas le problème, il est la solution! "

Le livre est sorti fin mars bénéficiant déjà d'un bouche à oreille exceptionnel. Bâti sous forme d'un journal allant de décembre 2014 à décembre 2015 il est un formidable outil de transmission pour les acteurs de la transformation sociale.

Claude Mazauric sous le coup de la maladie et croyant voir la mort se rapprocher, l'a d'abord pensé et conçu comme un long soliloque s'adressant aux siens. Au fil des pages, de l'écriture, des événements qui s'entrechoquent et de la vie qui reprend sa place, sa portée gagne en universalité. Ce journal s'adresse bien à nous tous, et nous y retrouvons le cheminement de la pensée vivace d'un intellectuel et militant communiste. Au parti pris toujours aussi affirmé ; la dédicace adressée d'emblée au Président de la République en est la meilleure illustration. Il y aussi ce regard acerbe sur une France aujourd'hui confrontée à ses propres crimes et violences d'hier. Il est encore son engagement pour une gauche d'alternative, son retour d'expérience sur le Front de gauche et Jean-Luc Mélenchon.

La première lecture du récit m'a renvoyée dans sa construction, au Chateaubriant des Mémoires d'Outre tombe révisitant ses voyages, souvenirs, rencontres, lectures et prises de position avec une profusion de détails, descriptions et parti pris. Mais participant à la soirée de lancement d'Au bord du gouffre le 16 mars dernier à Nimes, alors que j'écoutais Claude Mazauric parler de son enfance cévenole, son apprentissage d'historien, sa rencontre avec Marx et l'extorsion de la plus value ou de son rapport à la lecture, j'ai aussi compris sa proximité assumée avec Rousseau saisissant combien l'auteur des " rêveries..." et "confessions.." avait contribué à façonner son aspiration à une société de l'égalité au service de l'être et pas seulement de l'avoir, à forger et légitimer son combat communiste où la nature et le contrat social ne sont pas découplés.

Tout au long de cette soirée gardoise comme à la lecture du livre, me sont revenus des images, des références, des souvenirs qui ont accompagné mon propre engagement;

- 1989 et du bicentenaire de la révolution française où il était essentiel de ne pas laisser déposséder le peuple de ses journees révolutionnaires et de son propre mouvement...

- Revolution et sa vente en Avignon pendant le festival à l'entrée du Palais des papes alors que Vitez mettait en scène La Célestine de Fernand de Rojas

- Le jour où Claude Prévost, critique littéraire à l'Humanité que j'avais joint au téléphone m'a fait comprendre l'importance de l'Histoire au sein du récit romanesque...

Nous vivrons sur Paris ce soir une nouvelle #nuitdebout où se croiseront des milliers de jeunes qui à leur tour sont en train d'écrire leur parcours politique. J'espère que certains iront aussi piocher dans le Mazauric quelques raisons supplémentaires de poursuivre ce "commun" qui est le nôtre.

 

 

Posté par mpvieu à 12:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,