Marie-Pierre Vieu

Blog de Marie-Pierre Vieu, conseillère Régionale Midi-Pyrénées, présidente du groupe Front de Gauche de la région Midi-Pyrénées, conseillère municipale de Tarbes

10 mai 2012

Question de rassemblement

Carnet de Campagne Présidentielles/ Législative

20120318_183806 sJe n’avais pas écrit depuis le 20 avril. Bien sûr, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Commençons donc par là. Pour dire que dimanche soir, il était plus question d’alcool que d’eau… Champagne ? Je ne me souviens pas en avoir bu. Peut-être parce que plus qu’un baptême, cette victoire que nous venions d’arracher sonnait avant tout comme une délivrance.

De ce 6 mai 2012, je me souviendrai d’abord du SMS que j’ai reçu à 18h02, la place de la Bastille vient d’être bloquée à la circulation. Puis de la fédération du PCF qui a commencé à se remplir à partir de 19h, rendant compte des résultats locaux, 61,22% à Tarbes

Ensuite il y a le grand écran sur lequel nous pouvons suivre le feuilleton des évènements que tentent de dramatiser les commentateurs politiques ; j’apprécie tout particulièrement la bravoure du pauvre journaliste que France2 a planté devant la porte du bureau de François Hollande au Conseil Général dans une ambiance très Mme Bovary.

Au fil des minutes, la fièvre monte tandis que le décor de la scène se met en place : bientôt l’écran se coupe en deux, avec à gauche une place de la Bastille archi comble, débordant de bruit et de clameur, et à droite plusieurs milliers de militants UMP se drapant dans leur dignité, le drapeau tricolore à la main comme le dernier vestige d’un monde qui disparaît. Le compte à rebours a commencé. Dans quelques instants, il sera 20h et le portrait de François Hollande s’affichera et les militants du Front de Gauche laisseront exploser leur joie de tourner la page avec un quinquennat de régression totale. Plusieurs le diront, 5 ans de plus, ils n’auraient pas tenu !

Quelques verres, commentaires à chaud et boutades plus loin, le moment est venu de faire la synthèse J En d’autres termes il est important que nous rejoignons Séméac où se déroule la fête de la victoire initiée par le PS. Signe extérieur de ce changement d’unité de lieu et de dramaturgie, me font remarquer deux camarades, ici les consos sont payantes et en plus il n’y a que de la bière ! Faut s’y faire le débat reste encore à mener à gauche…

Ce débat est au cœur du restant de la soirée, dès ce moment, où, à la tribune prennent place les responsables socialistes et radicaux restés ce soir auprès de leurs concitoyens, le secrétaire fédéral du PS, Alain Piaser ; le Président du Parti des Radicaux de Gauche 65, Claude Gaits ; le conseiller général Jean Claude Palmade; les parlementaires sortants Pierre Forgues et Chantal Robin Rodrigo ; la candidate de la 2ième circonscription, Janine Dubié et qu’ils commencent à s’exprimer pour toute la gauche. Ni une ni deux, avec Claude Martin, nous nous y hissons jusqu’à eux pour rappeler cette simple arithmétique locale qui fera verdir de jalousie Cécile Duflot. Sans les 11% nationaux de Mélenchon et les 15,2% locaux du Front de Gauche Hollande, ce dimanche 6 mai, ne réaliserait pas un score bigourdan de plus de 62% évacuant tout risque FN et UMP pour les législatives ! Mais plus sérieusement : au bénéfice de quelle politique allons-nous maintenant mettre cet actif ?

Tandis que la soirée se prolonge, la discussion va bon train. A plusieurs reprises, je suis interpellée par des élus socialistes ; il nous faut rassembler largement… Souci auquel je souscris à 100%. Sauf que dans leurs bouches, en ont-ils seulement conscience, il me semble sonner comme le terme d’une équation dont le deuxième serait : … mais ne pas être dispendieux. Autrement dit de rabaisser le niveau des exigences populaires. Ou encore de rentrer dans cette mécanique du réalisme social, qui commence avec le rêve français et s’achève dans de nouvelles illusions perdues !

Cette mécanique, à J+4 du deuxième tour de la Présidentielle, nous sentons que certains commencent à en huiler les rouages.

Rassembler largement, mais pourquoi faire et sur quelle base ? Je crois que là réside toute la question que la gauche se doit de pousser durant la campagne des législatives.

Hier le Bureau National du PS a finalement tranché pour présenter un candidat socialiste face à François Bayrou. Ouf… Une décision autre, fut-t-elle présentée comme un geste républicain, aurait accréditée le fait que le candidat du MODEM est compatible avec la nouvelle majorité présidentielle. Je ne vois pas quelle compatibilité, il peut y avoir entre la gauche et cet ex ministre du gouvernement Balladur qui a fait de la réduction des dépenses publiques et l’instauration de la règle d’or son principal argument de campagne. Non ce n’est décidemment pas de ce côté que la gauche porté dimanche au pouvoir, doit s’orienter.

Rassembler largement, pour quoi faire ? Avec Pierre Montoya, nous lancerons ce soir à 18h30 à Soues, notre campagne législative. Réunis hier pour évoquer le sens que nous voulons lui donner : le même que pour les présidentielles, avec cette faim grandissante que décrit si bien Jean Luc Mélenchon dans l’Humanité du jour « Le plaisir de la soirée à la Bastille fonctionnait come un préliminaire.  L’appétit vient en mangeant et tout le monde a encore faim. Une faim de loup. Exigeante, ardente, gourmande. »

La victoire de François Hollande a ouvert un espace de possibles. Dans cette bataille qui s’amorce il ne s’agit pour le Front de Gauche de laver plus blanc ou plus « rouge » que le PS ou le PRG, mais dans la majorité de gauche se constituant, d’imposer les marqueurs d’une vraie politique de changement.

Par ex le SMIC, les minima sociaux et les pensions augmentés de manière significative au 1er juillet parce que cela va constituer un appel d’air pour tous les salariés et imposer des arbitrages de fond ( pour le financer) ; par ex la retraite à 60 ans et à taux plein parce que l’une des clés de la victoire du 6 mai est à chercher du côté des mobilisations de l’automne 2010 ; par ex le maintien d’hôpitaux, d’écoles et de bureaux de poste de proximité parce que posant l’urgence d’en finir la loi Bachelot et de la T2A, de renforcer les services publics et d’abroger la réforme des collectivités ; par ex le droit de vote des résidents étrangers dès le commencement de mandature parce que c’est maintenant qu’il faut enfoncer le clou face au FN et à l’UMP et les battre sur le plan idéologique ; par ex l’organisation d’un référendum sur le traité Merkozy parce que même avec le nouvel ajout « social » que va inévitablement préconiser François Hollande, sa logique restera inchangé et que seul le peuple consulté, a les moyens de faire évoluer le rapport de force…

Rassembler largement, pour quoi faire ? Il est midi ce jeudi 10 mai, et avec Pierre Montoya c’est volontairement que nous avons choisi cette date emblématique pour lancer notre campagne dans la 2ième circonscription des Hautes Pyrénées. N’était-il pas le mandataire départemental de François Mitterrand en 1981 ?

Rassembler largement, oser gagner et sortir croire au changement. C’est parti…

 

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20 avril 2012

Il n'y a que ceux qui sont dans les batailles qui gagnent

Carnet de campagne Présidentielle/Législatives

 

Paris_818_19avr2012_1La conclusion d’une campagne électorale se doit d’être au diapason de mois et de mois d’engagement, de sueur et d’espoir ; elle se doit également d’amener ce supplément d’âme qui fait qu’au-delà même du vote, on a en bouche un goût du revenez-y

Hier soir nous étions plus de 50 000 au Parc des Expositions de Paris et pour son dernier meeting de la Présidentielle, Jean Luc Mélenchon a fendu l’armure. Avant lui déjà Pierre Laurent, nous avait lancé un vibrant appel à continuer le Front de Gauche, car il porte en germe les bases d’un nouveau Front populaire et que là réside la réponse à la crise, à la finance, à une droite aussi décomplexée que meutrière car avec la réforme des retraites, celles engagées sur la sécu et l’indemnisation du chômage, c’est bien à la vie humaine que l’on attente… Là réside la réponse au FN qui depuis des décennies se renforce de la misère sociale et du désespoir comme certaines herbes malfaisantes vont éclore sur le purin… Là réside l’antidote à une gauche qui a renoncé à sa vocation historique, changer la vie

La révolution citoyenne a été le cœur de la bataille du Front de Gauche et ce jeudi soir, Jean Luc Mélenchon nous rappelle que c’est l’entrée de centaines de milliers d’hommes, de femmes puis de jeunes dans la campagne, sur la place de la Bastille, sur le Capitole ou au Prado, qui a modifié considérablement son cours. Le scénario était déjà écrit d’une confrontation sur fond de rigueur aux accents de réalisme social, de tentation sécuritaire et de bipartisme. Il en a volé en éclats car nous l’avons fait exploser sous le coup de notre volonté à remettre dans la discussion, notre vie et les questions qui nous concernent tous : le pouvoir d’achat, la santé, le mieux être ensemble, le pouvoir de nous défendre.

Sur le côté de la scène, un journaliste de Médiapart me raconte un reportage qui a été réalisé dans le Pas de Calais auprès de populations qui avaient soutenu les Le Pen y compris sur les dernières cantonales. Un homme interrogé sur le vote qu’il ferait dimanche 22 a répondu : ce sera Mélenchon. Le reporter de le questionner. Vous n’êtes plus favorable à renvoyer les étrangers dans leurs pays? Le salarié de répondre. Je suis d’abord favorable à partager les richesses et à prendre à ceux qui en ont le plus

Je souris car j’en suis certaine maintenant, les lignes ont bien bougé et elles vont continuer à le faire. La lutte des classes s’est invitée dans la campagne, l’histoire a repris, elle s’accélère et ce mouvement là, messieurs et mesdames, on ne l’arrête pas.

Vendredi 20, 7h. Un bon petit déjeuner, Clémentine sur C+ et hop l’avion pour Tarbes où nous poursuivons la campagne. Pour battre la droite et Sarko; mais çà nous savons que c’est acquis, car nous avons permis de faire suffisamment progressé la gauche pour cela. Pour ensuite faire reculer Le Pen et tenter d’inverser cette tendance durable depuis 84 qui place l’extrême droite à la troisième place des scrutins d’envergure, pour libérer la gauche de cette chape de plomb afin d’avoir en son sein le débat nécessaire sur la nature des choix qu’elle a à opérer, affronter les marchés ou capituler

Midi. Je suis à Tarbes. Je passe à la fédé où on règle les dernières tenues de bureau de vote. Voltaire 9 pour moi, avec Carole. Vous n’oubliez pas de vous lever pour y être présentes à 8h pétantes ? Lol. C’est ok pour nous.

14h. On continue le débat, on gagne les derniers indécis, on s’organise pour dimanche soir. Ce sera la fédé pour la centralisation des résultats car les copains ont l’habitude. La fête aura ensuite lieu aux Robins des Bois, cette école de musique alternative qui s’est installée dans les locaux de la Gare de Tarbes car née de la mutualisation de trois CE, la SNCF of course mais également les communaux et EDF GDF. Grillades, ricard et rock and roll au programme sans oublier Mélenchon à la TV, les commentaires locaux et les candidats aux législatives. La soirée va être longue et animée. Elle sera le prélude à de nouvelles batailles : celles du 2ième puis des 3ième et 4ième  tours avec les législatives. En terre de Bigorre, patrie de Barrère du Comité de Salut Public, ce seront encore des moments passionnés. Et des victoires, n’en doutons plus !

Lundi 16, nous tenions notre dernière assemblée citoyenne d’avant le 1er tour. Je n’y étais pas car à Paris. Bernard me raconte que y était présent Francis Esquerré, conseiller régional PS du dernier mandat avec lequel nous faisions souvent du covoiturage pour nous rendre en CP. Il vient de rejoindre le Front de Gauche 65. Quel plus beau signe annonciateur d’un printemps insurrectionnel ? La boucle est bouclée. Maintenant ne reste plus qu’à voter. Pour moi, ce sera Mélenchon et comme écrivait St Just « Il n'y a que ceux qui sont dans les batailles, qui gagnent.» La chute s’impose. Ce n’est qu’un début, continuons le combat. A lundi !


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19 avril 2012

Libé, mon amour...

Carnet de campagne Présidentielle/Législatives

 

unelibeSaint Lô, un coin de Normandie qui ne doit rien à feu Hervé Morin, mais s’avère une de ces pépites militantes que recèle le Front de Gauche. Ici on m’explique que la dynamique unitaire du TCE en 2005 s’est amplifiée avec les collectifs libéraux de 2007, et ne s’est plus départie depuis. On le sent d’ailleurs, car dès la conférence de presse que nous tenons dans les locaux du PCF à 18h, on ressent une pratique et une langue communes des communistes, syndicalistes, PGistes, représentants de la GU voire socialisants qui, malgré l’adversité d’une terre de droite où l’affrontement est plus rude qu’ailleurs, se sont rapprochés du Front de Gauche et sont venus, ce soir, pour trouver les arguments qui les feront basculer définitivement sur la candidature Jean Luc Mélenchon.

20h30. La soirée va débuter. Les organisateurs attendent 200 participants. Nous serons 300 avec l’envie à la clé de surtout, continuer. Les interventions se succèdent : moi-même, Christian Picquet ( GU) et Eric Coquerel (PG). Un fait d’abord, c’est notre dernier meeting d’avant le 1er tour de la Présidentielle et la fatigue côtoie l’enthousiasme. Les prises de parole sont un plus longues, plus tranchées et déterminées dans le ton. Avec ce trait commun de mesurer le chemin parcouru : le défilé des alternances depuis 1983, 1995, la sécu, le TCE, l’expérience unitaire avortée de 2007, puis 2009 la création du Front de Gauche, des progressions électorales constantes des Européennes aux régionales, des cantonales à cette Présidentielle.

Pour dimanche, nous savons déjà que nous serons dans le camp des vainqueurs ; car étant la force qui va permettre de sortir Sarkozy et de faire progresser la gauche (son total dans les intentions de vote avoisine aujourd’hui les 45%, du jamais vu depuis 1981 !), car étant la composante qui s’en prend frontalement à la peste Le Pen, a décidé de préempter à nouveau les milieux populaires et de ne plus lâcher face à la haine raciste, la rhétorique du bouc émissaire et de la stigmatisation de l’autre. Car étant les plus déterminés face à la finance qui a contaminé notre quotidien jusqu’à réduire l’existence et l’activité humaines à une variable d’ajustement des marchés.

J-3. Petit déjeuner au café noir. Prête à aller conforter et gagner ces voix qui feront toute la différence le 22 au soir.

8h46. Avec Eric et Eva, nous montons dans le TER qui doit nous conduire à Caen. Le buraliste n’a plus qu’une Huma. L’autre a été achetée une heure auparavant par Christian 

A part Marie Claire, il n’y a pas d’autre presse de « progrès ».

Du coup, il nous faut attendre Caen et la correspondance pour découvrir la une de Libé : Marine Le Pen, les yeux levées vers les cieux, le nez aquilin, le menton légèrement pointé, les bras croisés soulignant sa détermination avec ce titre, échouant sur le V de son tailleur noir tel un cri de victoire : La menace.

Autres titres à la une : Mérah dont le frère est maintenant suspect ; Amina je cite « violée, mariée et suicidée »; Sarko pris en flagrant délit de mensonge. Et question de ne rien perdre de notre plaisir, page 9 le quotidien nous en remet une couche sur le vote utile avec un sous titre éloquent reprise des propos d’une jeune militante PS « Le 21 avril reste dans nos têtes. Depuis les gens ne pensent plus jamais que c’est gagné d’avance »… Ah j’oubliais page 12 on a même les confessions de Nathalie Arthaud, qui nous le dit en toute intimité et complicité: « Je n’ai jamais eu confiance en Jean Luc Mélenchon. » Merci camarade…

 

Bon je l’avoue, je suis un peu vicieuse puisqu’il y a dans les pages Rebonds, une tribune signée Paolo Florès d’Arcas (il faudra quand même que je vérifie sa bio, sait-on jamais !) qui à la vue du sommaire s’avère un vibrant hommage au combat que mène le Front de Gauche. Lol…

Avec Libé j’ai toujours été une amoureuse éconduite. A toujours continuer de le lire parce que c’est Sartres et que j’aime l’auteur de « Huit Clos », parce qu’il a ce ton libertaire qui a toujours trouvé un échos chez la coco coincée que je suis, parce que ce journal plus qu’aucun autre a incarné 1986… A toujours être fan de ses unes et de ses photos qui ont suffisamment de force pour à elles seules, susciter l’absolu contraire de ce qui est dit ou bien pour ouvrir un abîme qui n’a pas été mentionné.

Et puis il y a ce que je déteste dans Libé : son allégeance honteuse aux pires ressorts de la Mitterandie, son « Strausskahnisme » primaire qui a conduit à écrire pas mal d’inepties ; sa mauvaise foi, pire son mépris de la souveraineté populaire au moment du TCE.

Ce matin, j’ai la nausée à la lecture de ce Libération du 19 avril. Qui à l’instar d’une partie de la presse et la gauche, préoccupées d’assoir la permanence de l’Etablisment, de la finance et de l’alternance, vient réactiver la peur de l’Extrême droite en même temps que promotionner Marine Le Pen.

Depuis quelques jours, la débâcle annoncée de Nicolas Sarkozy redistribue les cartes et voilà qu’une partie de la droite, première ou deuxième génération, se rallie à la bannière Hollande.

Que Laurence Parisot se mette à trouver des vertus au programme socialiste, soit… Qu’Alain Duhamel himself trouve que Hollande au même titre que Sarko peut rassurer la finance, soit… Que le Nouvel Obs même dévisse, soit… Mais bon Libé c’est Duras et Aubrac que l’on assassine !

3 jours et tout ce qui concourra à opposer la gauche à la gauche, pénalisera… la gauche ! Nous le savons aujourd’hui : Hollande sera Président de la République le 6 mai prochain. Le seul risque de 21 avril bis, s’il en est un, est un 21 avril inversé !

S’il est alors un enjeu pour la gauche d’ici à dimanche, c’est que le Front de Gauche réalise le meilleur score voire soit devant Le Pen car çà nous libérera de ce poids qui tire vers la régression toute notre société depuis 25 ans, que ce sera la meilleure configuration pour qu’en France la gauche puisse déclarer la guerre au libéralisme et que dans toute l’Europe, cela crée une dynamique pour nous affranchir des plans d’austérité qui nous sont imposés.

Ce matin, Libération a choisi le camp de la réaction. Gardons celui des indignés !

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18 avril 2012

« Ce qui nous rassemble, nous mène loin ! » Maxime de la ville d’Aubagne

Carnet de campagne Présidentielles/Législatives

 

pradoUne halte dans le Marseillais à cinq jours d’une élection, c’est toujours une promesse de bonheur. Quand en plus, cela se passe à Aubagne au pays de Pagnol et de Lili des Bellons, par un doux soleil d’avril, vous êtes prêt à décrocher la lune… Des projets, ici, on en a plein la tête, et depuis la parution du fameux sondage qui place Jean Luc Mélenchon en tête de tous les candidats à la Présidentielle, le premier d’entre eux est de réaliser ces fameux 26% qui permettront en juin, l’élection dans la circonscription d’un député du Front de Gauche, mon camarade Pierre Mingaut.

C’est par sa rencontre, à La Penne-sur-Huveaune dont il est maire, que je débute mon après midi. Dans la commune ce sont près de 300 entreprises installées, pour la plupart des PME PMI, dont les salariés sont en étroit contact avec les élus communistes. Pour mener la lutte à l’instar des Fralib qui seront présents au meeting du soir et viendront me dire à son terme, leur espoir retrouvé avec le Front de Gauche.

18h30. La salle est remplie. 500 personnes alors que samedi ils étaient déjà pour la plupart, au Prado. Course d’endurance ? Non, promenade de plaisir… et il est vrai que très rapidement entre l’assistance et les « orateurs » va s’instaurer une chaleur et une bonne humeur toutes particulières. Est-ce dû au fait qu’après un accueil du maire d’Aubagne, Daniel Fontaine, quelques mots de Pierre Mingaut et une entrée en matière tonitruante de Jacques Lerichomme, conseiller régional et figure emblématique de la GU, viendront Elisa (Martin du PG), Marie Pierre (Vieu du PCF), Clémentine (Autain de la FASE) et Magali (Giovannangéli, la Présidente du Pays d’Aubagne et de l’Etoile) conférant à la réunion un tour aussi féminin que générationnel et combatif ? En tout cas, pour ma part j’adore cette complicité d’un soir, révélatrice d’une proximité bien plus profonde…

20h15. La réunion s’achève. Rendez vous est pris pour le lendemain et un nouveau porte à porte dans les quartiers populaires de la ville. La partie musicale débute, nous partons dîner…

Et poursuivre le débat. Il nous faut conforter jusqu’à dimanche, les intentions de vote Mélenchon, continuer à porter l’ambition d’être devant Marine Le Pen. Pourquoi ? Parce que c’est une garantie de la victoire de la gauche. Parce que cela placerait la France dans une situation inédite. Face à la crise, nous serions le premier pays européen en mesure de refuser la voie de la régression et du fascisme comme en Grèce, Italie ou Espagne où les nouveaux gouvernements recyclent les aficionados des anciens colonels, ligues et franquistes. Pour pouvoir au contraire ouvrir une brèche pour une issue progressiste, et jeter les bases ce qui pourrait devenir la construction d’un nouveau Front Populaire.

Quand on discute entre militants, la question de la participation gouvernementale est rapidement réglée. Nous ne serons pas d’un gouvernement refusant de remettre pas à la plat le traité de Lisbonne, réduisant la hausse du SMIC à la promesse d’un léger coup de pouce question de donner des cacahouètes à une aile gauche du PS jusqu’à là méprisée et transformée en faire valoir du candidat. Nous ne participerons pas d’un gouvernement qui a oublié qu’en 2010, c’était la retraite à 60 ans et à taux plein…

Mais nous ne nous contentons pas de cette situation. Notre ambition de Front de Gauche est de construire des majorités politiques et donc de gouverner. Pas pour nous-mêmes mais comme nous l’écrivons à longueurs de tracts, pour faire « place au peuple ! » Je trouve grave que la gauche n’ait pas trouvé, au lendemain du 6 mai, de quoi sceller les bases d’un rassemblement pour construire dans notre pays un bouclier anti-crise et anti-austérité, travailler à défaire les contre réformes à cinq ans de sarkozisme, à modifier les rapports sociaux dans le sens de plus de solidarité, d’égalité, de citoyenneté. Je trouve préjudiciable le fait que le PS préfère un rapprochement avec Bayrou à un débat franc avec le Front de Gauche. Je trouve calamiteux qu’à trois jours du scrutin, certains titres de presse catalogués de « gauche » relaient ou pire instruisent de faux procès à Jean Luc Mélenchon jusqu’à lui inventer des amitiés à droite pour tenter d’endiguer la dynamique Front de Gauche et derrière, justifier d’une majorité de centre gauche. Je m’inquiète d’un PS qui porté au pouvoir avec une partie même de la droite, fasse le choix d’une rigueur de gauche, déçoive puis désespère et conduise à la droite la plus dure voire à Le Pen 2017 !

Pour le Front de Gauche dès le 18 juin, il nous faudra être la force à gauche, en liaison avec le développement du mouvement populaire qui arme la résistance, propose, impose, fasse « bouger les lignes ». Se développe pour être à la hauteur de ce nouveau défi, disputer le leadership à gauche. Gramsci est de retour !

Mercredi 18 avril. Ce matin, j’ai raté le premier avion pour Paris, ce qui m’a fourni l’occasion de prendre un café avec mon pote Pierre Dhareville, le secrétaire départemental du PCF des Bouches du Rhône. Un écrivain, poète également. Nous évoquons le Prado, la belle campagne que nous menons, la possibilité d’arracher trois parlementaires dans les BDR, la suite…

Il est 9h45 quand j’embarque. J’ai en tête cette scène du roman d’Aragon « les Communistes » : le PCF vient d’être interdit, bientôt les pleins pouvoirs seront cédés à Pétain. On est à Paris et ce député va perdre son train pour rentrer chez lui. Il est tout seul au bord du quai, sa valise à la main. Il sait que quand il arrivera à Marseille, il aura été déchu et qu’il ne sera plus rien. Plus rien sauf un homme qui entrera en résistance.

J-4 et le monde reste à gagner. Ce soir c’est Lô et des consciences à faire (encore) basculer !

 

 

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17 avril 2012

Ces lignes qui bougent de manière inouïe…

Carnet de campagne des Présidentielles et les Législatives

 

Front_de_Gauche-300x193L’un des signes annonciateurs d’une grande victoire populaire, c’est quand on se retrouve dans la rue pour manifester et qu’on a plaisir à se reconnaître, à être ensemble, du même côté de la barrière... Combien étions-nous ce samedi 14 avril au matin, place de la mairie à Tarbes pour venir défendre l’hôpital public ? Plusieurs centaines assurément. Avec cette nouveauté que le petit noyau des fidèles syndicalistes, militants politiques, des comités de défense des hôpitaux de proximité, s’était élargi pour accueillir en son sein, infirmiers, médecins voire même des responsables de pôles, qui par leur seule présence, signifiaient la plus cinglante défaite pour l’ARS et son directeur régional, le sieur Xavier Chastel qui n’ont eu de cesse ces derniers mois, de dénigrer le mouvement se développant, au nom du sacro saint consensus scellé entre l’Etat, l’élite hospitalière, les députés de Tarbes et de Lourdes, Jean Glavany et Chantal Robin Rodrigo qui s’étaient pourtant prononcés à l’Assemblement Nationale contre la loi Bachelot, ainsi que les maires UMP des deux villes, Gérard Trémège et Pierre Artiganave.

Le plus formidable quand une question de société comme la santé entre dans la discussion publique, c’est qu’on ne peut plus se dérober, trouver des arguties pour échapper au débat au fond. Et ici les choses sont simples: on ne peut être les héritiers d’Ambroise Croizat et des acquis sociaux, et dans le même temps, mettre le doigt dans cet engrenage meurtrier imposé par la droite au pouvoir, consistant, à non plus adapter l’offre de santé sur les besoins des populations là où elles se trouvent, mais inversement, à circonscrire les besoins humains à une offre… elle-même tributaire du diktat de réduction des dépenses publiques. Dans le premier cas, on fait le choix de la santé pour tous : dans le deuxième on assassine le plus faible, le plus fragile, précaire ou vieux !

Finissons-en avec les poncifs et autres balivernes, validées par de pseudo statistiques bidon. Le projet de fusion des hôpitaux de Tarbes et Lourdes n’est pas né de la volonté de renforcer l’hôpital public et l’offre médicale départementale, par un accroissement des personnels, des moyens et une réflexion axée sur les évolutions en territoire des attentes et pathologies. Il n’est qu’un prétexte pour passer à la moulinette la santé, comme on a avant procédé avec la poste et EDF, ou comme on agit encore avec le rail et l’école. Il s’agit d’éloigner les populations d’une proximité de services, de les habituer à pratiquer l’auto-médicamentation et à se mettre en danger, de leur inculquer l’idée que la santé est un coût avant d’être un investissement d’où le recours au privé pour « soulager l’Etat ». C’est la justification des partenariats Public Privé qui s’avèrent dans les faits le nouvel outil que les ultra-libéraux ont trouvé pour s’arroger le bien public et se le partager entre promoteurs et rois de la finance. Le plus triste dans l’affaire c’est qu’il y ait à gauche, des élus « assez bêtes » ou « suffisamment amnésiques » sur leurs propres combats, pour non seulement accepter ce système mais pire, essayer de nous le vendre comme la seule perspective viable.Allons donc ce serait faire peu de cas des citoyens que nous sommes ! Tremblez Monsieur Chastel. We are very dangerous  Les lignes sont en train de bouger…

 

Dans le Nouvel Obs de la semaine, Pierre Weil, le fondateur de la Sofrès s’interroge : « Mélenchon peut-il porter atteinte à la crédibilité de la gauche ? ». Mais justement, qu’est ce qui fait la crédibilité de la gauche ? Pour moi, si cela suppose l’allégeance aux thèses des Gracques et de Terra Nova, d’accepter la rigueur comme nouveau modèle de développement et avoir pour seul horizon, le réalisme social, appelons çà du Blairisme, du Zappatérisme, du Papamdréisme, du Strausskahnisme ( d’avant le Sofitel) mais sûrement pas, la gauche… D’ailleurs comment une gauche qui nie, exclut ou rejette le peuple et toute manifestation populaire, peut-elle seulement être crédible ? Car qu’elle est son histoire sinon celle d’un mouvement perpétuel qui mêle conquêtes sociales, politiques, débats intellectuels, mobilisations culturelles, associatives et citoyennes ?

J’ai écouté le discours de Jean Luc Mélenchon samedi après midi à Marseille. J’étais présente à son meeting dimanche 15 avril à Pau. De quoi était-il d’abord question ? De cette dynamique et élan populaire que nous sommes en train de construire, et qui va nous permettre d’en finir avec la droite et la finance. De cet espoir qui va naître si en France nous sommes la nation qui oeuvre à rebours des politiques de faillite économique et sociale imposées en Grèce, Italie et Espagne ; qui consacre le SMIC à 1700 euros, nous extrait du carcan de Lisbonne, abroge la loi Bachelot et la T2A… Et après la France il y aura en mai des élections législatives en Grèce puis ce sera au tour de l’Allemagne ; dans les deux cas, la Coalition de la gauche, des mouvements et de l'écologie ou Die Linke mènent un combat tout aussi intensif que le nôtre. Oui les lignes vont bouger…

Comme tous ces hommes et femmes qui font le Front de Gauche, je débute la semaine la rage au cœur… et le sourire au coin des lèvres. Avec cette conviction, que lorsqu’on commence à retrouver le goût de la liberté et de l’émancipation, alors plus rien ne vous arrête. Avec cet appétit du militant de gauche qui a encore des Bastilles plein les yeux !

 

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09 avril 2012

Carnet de route. Présidentielles/Législatives. Ô mon païs, Ô Toulouse…

FILLETTELundi 2 avril, 18h30. J’entre dans Argelès Gazost. Avec toujours cette joie de petite fille, quand ma mère me faisait faire le tour de cette ville, où elle a débuté comme instit. Dans quelques minutes nous tiendrons notre réunion publique cantonale.

Voilà comment nous procédons avec Pierre Montoya, mon suppléant PG et alter ego aux élections législatives. Depuis le mois de novembre, nous sillonnons chaque semaine les mercredis, jeudis et vendredis, l’un des dix sept cantons de la 2ième circonscription dans laquelle nous sommes candidats. Au 10 avril, nous nous serons rendus dans plus de 182 communes, aurons rencontré leurs maires et tenu plus de vingt réunions publiques.

Une course de fond qui s’est transformée au fil des mois en un marathon pour Jean Luc Mélenchon. Ainsi nous assistons in situ à la progression de la dynamique Front de Gauche, vérifions combien nos propositions s’immiscent puis pénètrent les esprits et ravivent les consciences, réveillant ce sentiment d’appartenance à une classe sociale qui s’était tari au gré des alternances, pour converger sur cette évidence qui forme le socle du vote Mélenchon. Nous sommes la gauche…

70 personnes sont là. Et comme à chaque réunion on côtoie des militants aguerris bien sûr, mais de plus en plus de visages nouveaux, syndicalistes, socialisants qui eux aussi en ont marre de ce pseudo discours sur le réalisme de gauche cache sexe du renoncement politique, des jeunes qui scellent sur cette campagne leur entrée en politique à l’instar cette trentenaire assise sur le côté de la pièce et qui nous confie en substance : « J’étais encore hésitante entre François Hollande et vous, alors je suis venue. Ce qui me plait au Front de Gauche c’est votre manière de travailler une nouvelle union de la gauche. Ca me rassure. »

Quand on sort de ces initiatives, on est vanné mais rasséréné. Parce que nous assistons ici, au commencement d’un processus qui ne peut que s’amplifier. J’entends bien les grincements de dents de certains commentateurs qui espèrent sauvegarder les équilibres politiques et rêvent de l’installation d’un bipartisme, nous débarrassant de l’ambition même d’alternative ; ils se rassurent à bon compte en tentant de réduire la campagne Front de Gauche à la prestation d’un show man d’exception, Jean Luc Mélenchon. Les mêmes nous prédisent un destin type MODEM ou EELV ; un petit tour et puis s’en va, dans une nébuleuse de querelles intestines. Pour ma part, je pense que la force du Front de Gauche vient du fait qu’il s’enracine dans les réalités sociales. Il est la solution pour ces hommes et femmes, qui se sentant abandonnés par la gauche s’étaient progressivement se détournés de la vie politique sans pour autant déserter le terrain des luttes sociales. Il est ce lien que de 95 à 2005 et aux collectifs antilibéraux, nous n’avions pas su concrétiser ; il est cette perspective d’autant plus alléchante, qu’elle se nourrit d’une démarche dans laquelle personne n’a à se renier ; communistes, socialistes, écologistes, altermondialistes, acteurs du mouvement social, chacun préserve ce qu’il a de spécifique et simultanément, ensemble inventent une culture commune. Je l’ai dit, il y a un instant : nous sommes la gauche…

 

20120405_183655Jeudi 5 avril. 18h30, Toulouse. La place du Capitole commence à se remplir ; la foule à arriver, les banderoles et les drapeaux à se déployer. Le meeting commence à vivre et nous le savons tous, la soirée sera magique… Arrivant à pied des allées Charles de Fitte, au fur et à mesure que je m’approche, je sens la fièvre du rassemblement m’envahir. Les souvenirs m’envahissent et cela me fait chaud au cœur : c’est ici même en novembre 1986 que j’ai débrayé pour la première fois, envahi le Cap avec mes potes d’hypokhâgne, participé à toutes les manifs contre le projet Devaquet, vécu la mort de Malik Oussékine comme l’une de ses blessures générationnelles dont on ne guérit pas, pris ma première carte à l’AGET UNEF et à l’UEC. C’est encore là dans ce mouvement, dans la bataille pour la libération de Jean Philippe Casabonne, celle pour la Palestine, pour les sans papiers, toutes les luttes étudiantes qui ont suivi que j’ai croisé bons nombres de militants, d’amis présents ce soir et parmi eux, bien sûr Frédéric Borras et Myriam Martin qui très émue, va prendre la parole pour expliquer pourquoi ex porte parole du NPA, elle choisit aujourd’hui de soutenir la candidature Mélenchon… Il aura fallu 26 ans pour que nous fassions candidat commun : ENFIN ! Quel beau jeudi que ce 5 avril !

Il est maintenant 19h30 et le meeting a commencé. Le Capitole déborde de monde, les rues adjacentes sont aussi bondées, la foule va jusqu’à la place Wilson où des écrans géants ont été montés. Demain les tarbais me raconteront que pour la plupart, ils ont été bloqués à quelques dizaines mètres des bus. Mais cela n’a pas d’importance, le bonheur qui nous submerge l’emporte sur tout le reste. Il y a en effet dans l’air quelque chose d’indéfinissable qui nous chavire : à chercher sans doute dans l’âme des Capitouls et de la République d’Espagne qui président sur la ville…

Ce soir, Jean Luc Mélenchon nous parle de l’urgence sociale et de ces maux, que nous assènent la droite depuis cinq ans. L’essentiel est là. En finir avec Sarkozy ne peut rimer avec compromis social. Le seul remède c’est le Front de Gauche.

 

Vendredi 6 avril. Retour au terrain sur le canton de St Pé. Le début d’après midi est laborieux, la fatigue est là. Pas besoin d’épiloguer. Avec Pierre Montoya, nous entrons dans la petite mairie du chef lieu de canton, il est 17h. La jeune femme qui est à l’accueil côté office du Tourisme, nous réceptionne, rieuse.

« - Bonjour mademoiselle, nous avons rendez vous avec Monsieur le maire, nous sommes les candidats du Front de Gauche aux élections législatives.

- Le Front de Gauche ? Mais j’étais à Toulouse hier soir. Avec le bus d’Argelès. C’était plus simple pour moi que revenir sur Tarbes. D’ailleurs j’ai laissé mes coordonnées à Michou (Michel Torrès of course) si jamais vous avez besoin de moi, j’ai bien envie d’adhérer au Parti… Ah c’est vous Marie Pierre Vieu ? Michou m’a laissé votre numéro de portable, voilà le mien. »

17h05, tiens j’ai oublié ma fatigue. Nous sommes vendredi et la boucle est bouclée. Nous sourions.

 

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02 avril 2012

Carnets de route Présidentielle/Législatives 2012

france_gall_il_jouait_du_piano_deboutJ-21. Hier après midi, une fois achevé le tour des mairies du canton d’Argelès-Gazost, je suis sortie en ville pour acheter un CD de France Gall. Pour « il jouait du piano debout » que je chantonne depuis huit jours sans trop comprendre pourquoi. Jusqu’à ce matin.

 C’était le 11 mai 1981. Les 4ième 1 et 2 du Collège Pyrénées de Tarbes partaient en échange scolaire en Allemagne, à Ahrweiler, près de Bonn. De ce séjour, je ne me souviens guère que de deux choses : la première c’est que j’avais dans mon sac ce 45 tour de France Gall, la deuxième est que durant trois semaines, les profs et les familles chez qui nous étions hébergés, n’ont cessé de nous questionner sur ce qui allait advenir d’une France passée à Gauche. D’autant que rôdait le spectre rouge de la participation de ministres communistes au gouvernement.

 1er Avril 2012. Nous sommes trente et un après, et le sondage paru ce matin place Jean Luc Mélenchon à 15%, désormais à la troisième place du scrutin, derrière Sarkozy et Hollande. La Présidentielle n’est pas encore faite mais nous vivons un tournant de la campagne, où l’argument du vote utile est en train d’exploser.  La gauche sera présente au 2ième tour et il est un fait indéniable : c’est que la dynamique à gauche est du côté du Front de Gauche. De cette gauche qui depuis 83 et le tournant de la rigueur se trouve orpheline de l’espoir même sur lequel elle s’est forgée « changer la vie » ; de cette gauche qui après avoir vécu les années de reflux d’après la chute du mur de Berlin et l’ère du capitalisme triomphant s’est refondée autour des luttes sociales des dernières décennies ; de cette gauche qui a dit NON au TCE, NON à la réforme des retraites et refuse désormais de capituler sous le diktat du réalisme de gauche. Et pour une raison simple c’est que depuis trente ans ce réalisme n’a conduit qu’à la faillite : des illusions, du social, de l’économie même bref de nos vies !

 Ce matin dans le Parisien, Laurence Parisot disait sa peur. La Présidente du MEDEF croit déceler dans le discours et les us de Mélenchon l’héritage de la France de la Terreur. Et de souligner que le programme du candidat du Front de Gauche installe « une modalité de contrôle de l’économie comme on en a jamais vu », avant d’ajouter qu’une victoire de la gauche pourrait signifier des ministres communistes ce qui serait selon elle « incroyablement ringard ».

Passons sur le débat des ministres et n’en gardons que la symbolique ! Hé Laurence, l’abolition des privilèges c’était la nuit du 4 Août 1…789 ! Ce qui est terriblement ringard alors, c’est toi, porte parole de la plus entreprise de régression sociale que l’on ait connu depuis 1930, qui continue encore à te comporter comme une dame patronnesse ! Ringard et intolérable comme ces patrons du CAC 40 continuant à se repaitre de profits pendant que Sarko invente la TVA sociale et accélère la réforme des retraites pour faire payer aux petits cette crise, dont ils sont responsables.

 Mme Parisot tente de diaboliser Mélenchon/ Marat/ Danton/Robespierre/93 : tant mieux nous adorons Hugo ! Elle essaie de jouer aussi sur les vieux ressorts de la peur du rouge ; c’est un véritable hommage qu’elle nous rend à nous communistes quand le candidat Hollande nous avait déjà enterrés en ce début de campagne. Ce début de semaine dans une tribune, c’était Alain Duhamel qui délivrait toute sa haine sociale.

Qu’ils sont beaux ces instants où la droite ne peut plus freiner ses instincts les plus réactionnaires et montre son vrai visage : celui de la détestation du peuple ! Ils viennent  signifier que l’histoire est en marche et l’histoire c’est nous…

 Allez, j’ai treize ans, j’écoute France Gall et dans quelques semaines, je serai de nouveau à Bastille !

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16 mars 2012

Sarko l’arnaque

Je me souviens de ce titre de livre, "Mickey l’arnaque", essai pamphlet contre la politique sociale du groupe Disney à Champ sur Marne. Ecoutant Nicolas Sarkozy ce weekend, l’expression m’a saisie. "Sarko l’arnaque", qui après avoir voulu transformer la France en parc de loisir pour les actionnaires du CAC 40, fait la promo de l’Europe des marchés, n’hésite pas sous pression sociale et sous notre pression également, à recycler une proposition du Front de Gauche : obliger les revenus fiscaux à payer en France. S’ils paient leurs impôts à l’étranger, ils devront ainsi s’acquitter auprès du fisc français de la différence entre le pays étranger et ce qu’ils auraient dû verser en France.

Dommage fait remarquer Jean Luc Mélenchon que cette proposition, comme celle visant à encourager les entreprises produisant en Europe ne s’accompagne pas de la remise en cause de la logique de la concurrence libre et non faussée au cœur de Lisbonne et des traités Merkozy. D’autant qu’en défendant le principe de la désobéissance européenne sur Schengen, dont nous réfutons les objectifs de durcissement des politiques migratoires, le Président sortant fait au moins une démonstration: c’est qu’aucun cadre européen n’est indépassable. Pourquoi donc ce qui lui serait possible sur Schengen ne le serait sur le dumping social, la libéralisation de certains secteurs ou les missions de la BCE?
Après "Sarko l’arnaque", "Marine l’arnaque" qui entretient depuis des mois un faux suspense sur ses 500 signatures question de donner corps à sa posture bidon de candidate de l’antisystème. S’agissant de l’arnaque, la famille Le Pen est multi récidiviste! Bonimenteurs et racistes, on l’est de père en fille.
Après  « l’arnaque », un bol d’air frais. Le 18 mars on prend la Bastille. A 34 jours du 1er Tour, ce sera le signe avant-coureur d’un printemps de l’insurrection citoyenne. Un rendez-vous également, parce que nous ne serons pas de trop pour en finir avec les privilèges et imposer dans le débat le SMIC à 1700 euros, la fin de la précarité... à appeler à une constituante pour passer à la VIème République.

A dimanche alors.

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05 mars 2012

Retour sur Images

Nous sommes jeudi 23, tard, sur France 2 et la candidate Marine Le Pen qui veut présider au devenir de la France se refuse à dialoguer avec Jean Luc Mélenchon. Au motif qu'il aurait été insultant à son propos...

Outres que cela augure du mode de dialogue social ( cette expression n'existe pas dans la langage frontiste?)... du mode de débat dont entend user le FN ( Ah çà non plus?); outres le fait que l'exercice démocratique impose d'accepter la contradiction, très vite ce qui attirait l'oeil du spectateur était l'attitude de fermeture totale adoptée par l'"héritière".
 
Recroquevillée sur son siège, simulant de lire la presse tandis que son visage restait figé, celle qui quelques instants auparavant se présentait comme pourfendant l'Etablishment est soudain apparue pour ce qu'elle est vraiment: une pauvre petite fille milliardaire, par trop gatée par son père, le système et les médias jusqu'à prendre pour une reine... omttant au passage, que la France, en plus d'avoir fusillé le collaborateur Robert Brasillac, est un pays régicide.
 
A celle donc qui refusait de débattre, Jean Luc Mélenchon a quand même répondu. Et sur le fond, en pointant le plus ignoble et réactionnaire dans la palabre Le Pen: la remise en cause de l'IVG et son conditionnement aux revenus, la volonté de renvoyer au statut de sujets, les femmes que le FN entend maintenir au foyer sous condition de ressource divisant et tirant par ce biais l'ensemble des salairiés vers le bas...
 
Quand Mme le Pen a tenté de provoquer puis mépriser le candidat du Front de Gauche, il lui a objecté par la République et la Gauche. 
 
A la fin des 15 mn, elle n'était plus le pseudo porte parole de l''électorat ouvrier ; juste une politicienne, vulgaire et dégoulinante de haine sociale.
 
On continue le ménage.

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23 janvier 2012

Le Front de Gauche soutient les quatre policiers du commissariat de Tarbes

police tarbesLe Front de Gauche des Hautes-Pyrénées apporte son soutien aux quatre officiers de police judiciaire du commissariat de Tarbes qui ont porté plainte contre leur hiérarchie pour harcèlement moral.

Au travers de cette procédure, ces policiers expérimentés et au déroulement de carrière exemplaire dénoncent les pressions subies pour avoir refusé de procéder à des malversations et à des pratiques illégales, ou de les avoir cautionnées, dans le cadre de leur mission professionnelle.

Ils s’étonnent du classement sans suite de cette plainte par Mme le Procureur et dénoncent une enquête IGPN tronquée.

Cette affaire s’inscrit dans le contexte très particulier de la politique de Sarkozy qui met en œuvre depuis 2002 un projet politique sécuritaire et qui ne cesse de le renforcer depuis 2007. Le but de ce projet n’est pas la lutte contre la délinquance mais la lutte contre l'insécurité et son sentiment dans l'opinion publique. Cette orientation vise à modifier la nature de notre Etat de droit en un Etat autoritaire et antisocial.

Contrairement à l’affichage médiatique, il n’est plus question de donner réellement les moyens à une police républicaine d’exercer ses missions de lutte contre la délinquance. Cela se traduit par la baisse des effectifs, la dégradation des conditions de travail des fonctionnaires et par voie de conséquence la dégradation des conditions d’accueil et de prise en charge des victimes.

Dans ce contexte, toutes les dérives pour masquer la réalité, pour faire du chiffre, en gonflant le taux d’élucidation des affaires, sont possibles.

Le Font de Gauche apporte un soutien total à ces officiers de police qui ont le courage de refuser des pratiques illégales et de se dresser contre leur hiérarchie pour dénoncer une situation inacceptable et des pressions intolérables dans le cadre de leur activité professionnelle.

Le Front de Gauche mettra tout en œuvre au plan local comme au plan national pour les accompagner publiquement dans leur lutte pour obtenir justice.


Lundi 23 janvier 2012

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