MarianneBaillonnee

Curieuse séance que celle du Conseil Municipal du lundi 9 février. Un ordre du jour sans grand intérêt si ce n'est le contrat de ville sur fond de désengagement de l'Etat dans les quartiers.

Pourtant ce n'est pas ce point qui a fait le buzz mais le 4, un délibération proposant d'user de la protection fonctionnelle du maire pour assurer la défense de Gérard Trémège, de ses adjoints ainsi que de tout employé municipal dans le cadre de l'instruction ouverte contre X pour prise illégale d'intérêt.

Le dossier, nous le connaissons puisqu'il a traversé les municipales de 2014. Lundi pas plus qu'au printemps dernier, il ne s'agissait pour nous de se substituer à la justice dont le travail est d'instruire cette affaire de marchés publics. Le Premier magistrat de Tarbes a trop usé durant toute la campagne de cette "épée de damoclès" judiciaire qu'il avait au dessus de la tête pour se poser en victime, nous refusons de lui offrir aujourd'hui une occasion de plus pour le faire!

L'opposition n'a pas donc pas décidé lundi soir de régénérer le péronisme local. Elle a choisi de poser des questions et d'essayer de comprendre pourquoi une telle délibération intervient en ce début février 2015. Elle a également choisi de demander pourquoi cette protection qui intervient "dès lors qu'un élu fait l'objet d'une poursuite pénale" peut être valable sur Tarbes. Sommes nous donc entrés dans un nouveau moment de l'instruction? Le maire serait-il mis en examen? Ce n'est pas le cas, donc...

Ces questions sont posées. Sans aucunes réponses, ni de Roger Vincent Calatayud adjoint présentant la délibération et avocat; ni de Gérard Trémège préférant partir dans une crise d'autoritarisme aigue.
Dans le flot des paroles déversées on retiendra cette réponse à Pierre Lagonelle, lui faisant remarquer qu'on ne peut à la fois défiler sous la bannière de la libre expression de "je suis Charlie" et refuser le débat en Conseil Municipal: "Vous M. Lagonelle, vous n'êtes pas Charlie, mais un Charlot" Sauf que s'il était un Charlot ce lundi, il se trouvait plutôt dans les rangs de la majorité!

Le débat s'est donc conclu sans débat, le vote a été organisé pour la seule majorité puisque sans la comptabilité des contre, abstention, NNPV. Pour ma part, je suis restée à attendre un tour de parole qui n'est pas venu. L'opposition a donc décidé de quitter la salle.

A J+1 et après avoir lu la presse locale, mon sentiment est mitigé. L'empire contre attaque nous narrent la NR et la Dépêche: A un mois des départementales la Trémégie est en ordre de bataille pour riposter face aux assauts répétés du camp d'en face.
Tiens, qui, à part le maire lui même, parle d'élections? Qui, à par le maire lui même, a décidé de l'ordre du jour du CM du 9 ? Qui, à part le maire lui même, quelques minutes juste après que nous ayons quitté la salle de CM organisait dans son bureau une jolie photo de famille UMP pour nous raconter le combat épouvantable qu'il conduit pour sa réputation?

Arrêtons la démagogie! Hier soir pour la première fois de ma vie, j'ai vécu cette situation d'être interdite de parole et de vote. Cela s'appelle un déni de démocratie et tout le reste est anecdotique. Une ville qui prive son opposition de parole est une ville qui va mal, un maire incapable de faire vivre la liberté d'expression est juste un notable de plus qui a oublié qu'il n'était pas monarque de droit divin mais juste le résultat du suffrage universel... Liberté, égalité, justice!

Marie Pierre VIEU, élue Tarbes Citoyenne/FdG